samedi 8 janvier 2011

J'avoue, c'est bizarre.



Libertine, gamine, ridicule, acharnée, malheureuse, aimante, cassante, autoritaire, drôle ? Je ne rentre pas dans les mots. Ou les mots ne me couvrent pas. Je ne suis rien de tout ça. Je suis tout. Animale et humaine. Sainte salope. Il faudrait réécrire la langue, pour enfin caractériser ce qu'est moi. Généreuse égoïste. J'ai tellement eu de coeur que je suis sans pitié. Et je tuerais de sang froid, les restes de vous et moi. Un massacre de souvenirs, un génocide de lieux et de mots qui forment toutes les histoires. Mortes ces histoires. Assassinées de mes propres mains.
Mais je m'en fous, si vous saviez. Embrassez moi tant que vous voulez, jouez, mentez, criez. Je m'en moque. Je peux crier moi aussi, je peux mentir. Je suis aussi conne et méchante que vous à ce petit jeu. Car j'ai acquis cette carapace solide et impénétrable pour toute sorte de sentiments. J'ai décidé de me protéger et j'ai pris possession de vous dans vos moindres détails, plus rien ne me surprendra. Mes mots glissent, mes mots ne savent plus quoi dire dans l'absence et le mépris de tous. Mais je m'en sors vivante. C'est un combat perpétuel, et rien ne m'atteindra. Vous m'avez tellement affaiblie, tellement cassée, brisée, tuée, écrasée et bouffée. Je vis dans votre haine, pauvres idiots. Pauvres idiotes. Je crache cette haine tous les jours et je hurle ma peine dans mon sommeil toutes les nuits. Mais vous n'en verrez rien. Les monstres savent tellement bien se cacher, tellement bien. Le jour les rends presque humains. Seul le coeur reste sombre. Seul le coeur reste mort.

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