Elle a planté ses grands yeux bleus sans les miens, ils se sont remplis de larmes, et elle s'est effondrée. Je l'ai regardée faire, bouche bée et assommé du mal que ça pouvait lui faire. Je me suis approché, j'ai voulu la prendre dans mes bras, mais elle m'a violemment repoussée, changeant sa tristesse en colère, et m'a collé une gifle monumentale qui m'a laissé muet un instant. Elle a repris son souffle, et m'a dit très calmement que je gâchais sa vie, que je n'étais qu'un imbécile, un salaud, une ordure, et qu'elle me haïssait autant qu'on puisse haïr. Ma joue, était encore brûlante, du à la violence de la baffe, mais aussi à l'humiliation, la honte et tout le reste. Elle avait probablement raison, je n'étais qu'une ordure, et rien ne justifiait que je parte aussi loin, sans elle, sans son odeur, et sa voix. Rien, à part tout, justement : une autre, et je savais bien que ce n'était certainement pas une excuse valable pour elle. Nous nous étions tellement aimés, mais il était trop tard, tout était éteint, tout était mort et vide entre nous. Elle pouvait hurler, elle pouvait me traiter de tous les noms, me supplier, se rouler par terre, m'embrasser et me dire des mots tendres, m'accorder son pardon, ou m'en vouloir à jamais, plus rien ne me touchait, elle ne représentait plus rien, malgré le mal que je me donnais pour recoller tout ça. Je partais pour ma brune aux yeux verts, je partais pour vivre. J'avais le courage, j'avais surement aussi l’égoïsme, comme tous les hommes parait-il. L'amour était mort, alors que vive l'amour. Je partais pour aimer. J'avais toutes les raisons du monde de faire ce choix, et même si je lui faisais du mal, je savais qu'elle y survivrai, je savais qu'un jour ou l'autre elle trouverait mieux que moi, qu'elle serait plus heureuse...
Et pourtant je me haïssais.
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