samedi 4 juin 2011

Danse Eurydice, danse.


Eurydice a crié pour qu'Orphée revienne. Puis mes cris se sont mêlés aux siens, et on n'entendait bientôt plus que les miens. Je me suis cachée sous ma chevelure, terrassée, les genoux dans le sable. Les sanglots d'Eurydice n'existaient plus, je n'existais plus, il n'y avait plus qu'un mélange d'elle et de moi. J'ai cru ne jamais pouvoir me relever, mais Eurydice l'a fait pour moi. Elle a laissé Ophélie par terre, elle s'est levée et a continué. Je suis restée à pleurer dans le sable, abandonnée de tout, même de mon propre personnage.
Orphée n'existe pas et n'a jamais existé. Eurydice l'a créé de toutes pièces, et j'ai créée Eurydice pour qu'elle m'aide à crier mon désespoir plus fort.
Elle est une porte, que je m'efforce de fermer chaque jour, et qui sur scène s'ouvre quelques minutes, et m'aspire pour m'étouffer un peu plus. Je me fracasse, à travers elle.
Je n'aurai jamais du. Eurydice est douloureuse. Eurydice est folle. Est-ce bien elle au fond ? Ou le monstre n'est-il pas uniquement le portrait de son créateur ? ...
( La photo étant de Kim)

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire