Je reste assise par terre, à côté de cette boite à souvenirs, les lettres et photographies éparpillées autour de moi. Faire du tri, quelle bonne idée, quelle initiative fructueuse... Je n'en suis pas capable, ranger sans relire, et je ne sais pas relire sans m'écrouler. Les mots ont un pouvoir, on peut se souvenir autant que l'on veut, les mots précis, tracés les uns après les autres sur la feuille de papier sont bien plus puissants . Ils me poignardent aujourd'hui. Tu m'aimais, tu l'as écris, ré-écris, dis et re-dis et maintenant tes mots prennent la poussière, et ne sont plus que des ombres, des fantômes qui flottent au grenier et qui parfois prennent possession de mon esprit, pour me faire plus mal que jamais. " Il ne faut rien garder" m'avait-on dit, " brûler les lettres, les photos, supprimer les numéros, repartir de zéro". Je n'en suis pas capable. Tu es une part de moi. Une part qui est partie mais qui reste accrochée là quelque part au creux de mon ventre, et que je ne peux effacer, ou arracher. Je ne peux plus rien contre ton souvenir, c'est la seule chose dont je suis incapable de me débarrasser, qui me suit partout et m’achève la nuit, quand mes larmes coulent, et que le manque m'étouffe. Comment fait-on dans ces cas là ?
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