Tu m'as dis " C'est fini". Tu as fondue en larmes. J'ai eu envie de te gifler.
Tu as relevé la tête, as planté tes grands yeux bleus dans les miens, et tu m'as répété pour la énième fois " Je suis désolée, si tu savais, je suis désolée". Je suis resté de marbre. Tu n'es qu'une petite pétasse. Tu me joues les héroïnes de cinéma pour qui c'est difficile de me quitter, mais au fond, tu sais aussi bien que moi qu'avec ton petit cul et ton sourire en coin, tu trouveras bien quelqu'un d'autre d'ici une semaine. Je te hais. Je hais tes petites larmes de crocodile. Je hais nos souvenirs, je hais tes cheveux blonds impeccables et ta bouche de laquelle ne sortent que des énormités depuis dix minutes. Tu renifles, et sanglote de plus belle. Oh comme c'est difficile d'être celle qui s'en va ! Oh que c'est dur de devoir me briser le coeur ! Pour un peu je te plaindrai, petite garce. Tu n'es qu'une actrice, tout est faux en toi, j'aurai du m'en douter. Tout n'est qu'illusion, mensonge et apparences. Dans quelques minutes tu me diras " Mais on peut toujours rester amis...", tu tourneras les talons en essuyant les traces de mascaras autour de tes yeux, et tu iras pleurnicher de plus belle auprès de tes amies, toutes plus connes les unes que les autres. Non je ne suis pas amer, blessé probablement. Je me rend compte que tu m'as fais marcher, que tu n'es qu'une allumeuse sans scrupules et que je t'ai aimé comme un fou. L'expression est tellement bien trouvée.
Je te repousse, je te dis que si c'est fini, alors c'est fini, qu'il faut que tu arrêtes de pleurer. Et tu reprends de plus belle, et tu deviens incompréhensible ma pauvre, tu gémis " Ne m'en veux pas, je suis désolée, je t'ai aimé, mais je ne peux plus, c'est pas toi, c'est moi !" et d'autres clichés de rupture. Mais je m'en vais, et je te laisse là à tes lamentations ridicules. Si je reste, j'exploserai mon poing dans ta jolie petite figure de poupée, alors je préféré me barrer loin de ta connerie.
Et bizarrement, j'ai cette pensée amusante : Toi, tellement absorbée par ta propre petite personne qui mettra bien du temps avant de te rendre compte que je suis déjà loin. Et qui réalisera au bout de quelques minutes que tu es seule à faire ton cirque, et que plus personne ne t'écoute. Et je ris.
Je suis la victime au coeur brisé, me moquant de mon bourreau. Quelle image.
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