samedi 4 décembre 2010

Je vois ce paysage blanc par la fenêtre. Je me suis levée tôt ce matin. Ca faisait un moment que ça ne m'étais pas arrivé. Tout est beau et paisible. La neige tombe encore à petits flocons. Presque imperceptibles. Légers, flôtant dans le vent, dansant dans l'air froid de décembre.
Dans la maison, tous dorment encore. Il n'y a pas un bruit. Juste celui du vent soufflant dans les arbres, et le son monotone de mes doigts sur le clavier. Clic clic clic..
Je suis bien installée, dans la confortable chaleur de cette maison. Robe de chambre, douce et colorée. Douillette.
Je pense alors à ceux qui ont passé la nuit dehors. A ceux qui ce matin seront peut-être retrouvés morts de froid dans les rues de Paris, ou ailleurs. A ceux pour qui la neige n'est pas un beau paysage vu par la fenêtre d'une maison bien chauffée, mais un enfer glacial. A ceux qui ne savent pas s'ils passeront la nuit, s'ils mangeront demain, s'ils survivront à l'hiver avec un carton pour couverture, pendant que nous nous accordons le luxe de souffrir de nos sentiments.
A ceux qui passeront Noël sans famille, avec pour toute compagnie une bouteille ou un chien. A ceux que l'on ne regarde pas dans la rue, parce que la pauvreté, ça dérange. Parce que la pauvreté, ça fait peur. Parce que tout peut arriver et que la vie est une connasse. Et que demain n'est pas acquis.
Je pense à eux, parce qu'ils existent, parce que les ignorer ne change rien, ils existent, ils sont là. Ils sont là.
Et je ne sais pas quoi faire, depuis mon canapé, à part penser à eux, mettre mes mains sur ce clavier et leur dédier, sans grand pouvoir, ce petit texte de mauvaise qualité.
Mais au moins j'y pense. Au moins.

1 commentaire:

  1. comfortable :p

    Et purée, si c'est un beau texte, et...
    N'importe qui culpabilise en lisant ça. :/

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