Je te regarde sans sourciller. Je n'ai pas peur. Je n'ai plus peur. Ça ne changera rien que tu appuies sur la gâchette. Je suis déjà morte depuis tellement longtemps... Si tu me tues, pour de vrai cette fois, tu ne feras qu'achever le travail que tu as entrepris déjà depuis des années. Me faire mourir à petit feu, me prendre tout ce que j'ai encore a donner, et me réduire à néant. Tu as tellement bien réussi ce petit jeu lugubre. Tu m'assassinée, tu m'as bousillée. Bien sur je respire encore, et pas un ne s'imagine qu'en s'adressant à moi, il converse alors avec un cadavre. Mais bientôt tu m'enlèveras ça aussi Et cela sera la plus douce des délivrances. Ne plus avoir à faire semblant, ne plus avoir à jouer le rôle de la petite femme gentille et parfaitement heureuse. Bientôt je serai morte pour de bon, de corps et d'âme et là, là tu auras tout gagné. Alors vite, décide toi ! Quelle sera ta cible ? Le coeur, la cervelle ? Décide toi mon amour, choisis bien. Pour moi ça n'a pas d'importance, mais si je puis me permettre une suggestion, le coeur serait bien plus symbolique. C'est là où tu as porté le tout premier coup il y a des années, avant de t'attaquer au reste. Alors vas-y, n'aies pas peur de finir le boulot.
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